Serge Gakpé international togolais formé à Monaco
Le 14 novembre dernier, l'équipe du Togo qui a battu le Gabon comptait en son sein une dizaine de joueurs exclusivement formés sur le vieux continent.
Un sauveur originaire de Gironde. Unique buteur des Eperviers face aux Panthères du Gabon (1-0), Floyd Ayité est un pur-produit du prolifique centre de formation de Bordeaux. La nouvelle coqueluche du public sportif togolais a rejoint en 2007, à tout juste 18 ans, les Eperviers sans être passé par les catégories de jeunes. Il en est de même pour son frère ainé, Jonathan, auteur d'une belle performance samedi dernier. Sur les 18 joueurs, présents sur la fiche du match face au Gabon, six sont nés dans l'hexagone (Gakpé, Dossevi, Brenner, Romao, Floyd et Jonathan Ayité). A cette catégorie de natifs de France, on pourrait adjoindre Serge Akakpo et Assimiou Touré, nés à Lomé mais qui ont grandi en Europe (en France pour le premier et en Allemagne pour le second). Ils ont même porté les couleurs des sélections de jeunes de leur seconde nation. Issus de la vague de migration du aux troubles sociaux-politiques au début des années 90, les joueurs à la double nationalité sont désormais pléthore au sein des Eperviers
Non présents face au Gabon, Euloge Ahodikpé (formé à Créteil) et Jonathan Tokplé (formé au PSG) ont également connu l'appel sous les couleurs nationales.
D'autres cas restent en en suspend. Razak Boukari se fait désirer, Mathieu Dossevi attend une meilleure organisation de la fédération, Peniel Mlapa préfère poursuivre sa progression avec la National Manschaft, Gilles Sunu d'Arsenal n'a jamais été approché et Serge Nyuaidzi n'a pas encore choisi entre le maillot jaune du Togo et le bleu de la France. Longtemps sollicité, Robert Malm et Kuami Agboh ont changé de nationalité sportive à l'approche des grandes compétitions (la coupe du monde pour l'un et la CAN pour l'autre). Au final, leur aventure avec les Eperviers durera le temps d'une rose et ne laissera pas un souvenir impérissable.
Une politique de formation inexistante
Si la sélection togolaise fait autant appel aux binationaux et racle les fonds de tiroirs (internationaux de seconde zone), c'est que le Togo manque de profondeur de banc. La raison : l'absence totale d'une politique de formation de la FTF et des clubs togolais. Même, les centres de formations qui pullulent dans le pays fournissent très peu d'internationaux ( Tchagouni et Mango de l'académie Planète Foot, Womé Dové de l'academy Liberty Delta font figure d'exception). La progression des pseudos prometteurs joueurs locaux, et souvent freiné par leur âge « réel ». De plus, les jeunes apprentis footballeurs manquent de compétition. Les championnats junior et cadet sont rarement organisés, les sélections nationales des différentes catégories sont rarement engagées. La fameuse génération « 2007 », des moins de 17 ans, pleine de promesses a été jeté aux orties. Les confirmations se comptent sur le bout des doigts. Sollicités par les plus grands clubs européens, peu ont percés. Mani Sapol, le chef de file de la bande, a signé en Lybie et est régulièrement sélectionné en équipe nationale.
Camal Abraw et Lalawalé Atakora, respectivement à Châteauroux et à Fredrikstad, pointent à la porte du groupe professionnel. Loin de l'Europe, Allikem Segbefia et Abdou Fatawo Dodja ont pris la direction de la Syrie. Recalé à la CAN des moins de 17 ans, Mango Senah a rebondi en signant à l'OM (il est dans le collimateur de Manchester United et Chelsea).
D'autres eurent moins de chance que l'ancien pensionnaire de l'académie de Dominic Cionci. Les jeunes togolais sont souvent confrontés aux problèmes d'obtention du visa. Récemment, Dolayi Tsibiakou (sollicité par Valenciennes) et Womé Dové (par Rennes) ont essuyé le refus du consulat de France.
Un obstacle dont ce serait passé une formation togolaise déjà à l'agonie.